Pourquoi on court après ceux qui ne nous choisissent pas ?
Il y a eue une période dans ma vie où je me levais le matin et la première chose que je faisais, c'était regarder mon téléphone.
Est-ce qu'il avait répondu? Est-ce qu'il avait vu mon message? Et quand la réponse était non, je passais ma journée à tourner en rond à analyser la situation dans ma tête.
Si tu te reconnais dans ces lignes, cet article est pour toi. Et surtout l'épisode du podcast Happy Bulle que je t'ai préparé sur ce sujet, parce qu'on y va beaucoup plus loin, ensemble. (c'est juste en dessous 😘)
Le vrai problème, ce n'est pas lui
Quand on court après quelqu'un qui ne nous choisit pas, le réflexe naturel c'est de chercher l'explication du côté de l'autre. Qu'est-ce qu'il a? Pourquoi il hésite? Qu'est-ce que je n'ai pas fait ?
Mais ce chemin-là ne mène nulle part. La vraie question, celle qui dérange un peu plus, c'est : pourquoi moi, je reste là à attendre, à espérer? Pourquoi est-ce que j'ai choisi, inconsciemment, quelqu'un d'indécis, de flou? Quelqu'un qui me donnait juste assez pour que je reste, mais jamais assez pour que je sois en paix?
La réponse, elle n'est pas dans ses comportements à lui. Elle est dans notre propre histoire.
L'enfant qui rejoue sa blessure
Quand j'ai commencé à vraiment me regarder, pas seulement mes histoires d'amour, mais mes schémas, mes automatismes, j'ai réalisé quelque chose. Dans certaines de mes relations, ce n'était pas vraiment moi qui étais là. C'était une petite fille qui avait appris, quelque part dans son enfance, que l'amour se méritait. Qu'il fallait performer pour exister aux yeux de l'autre. Qu'il fallait gagner le regard, que l'amour se méritait, et qu'il fallait se comporter de telle ou telle façon pour être aimée.
On reproduit, à l'âge adulte, des dynamiques qui ressemblent à des blessures non résolues de l'enfance. Le cerveau cherche ce qui lui est familier , même si c'est douloureux, parce que le familier, pour lui, c'est sécurisant.
Alors on choisit des partenaires qui nous placent dans cette compétition invisible : compétition avec une ex, avec son passé, avec ses doutes, parce que cette compétition-là, on la connaît. On l'a déjà jouée. Et quelque part, même si c'est épuisant, on croit que c'est ça, l'amour.
La drogue de l'intensité
Dans une relation incertaine, déséquilibrée, il y a des moments de bonheur, de bien-être. Des moments où il est là, vraiment. Où tout est doux, intense, parfait. Et ces moments-là font l'effet d'une drogue, littéralement.
Notre cerveau libère de la dopamine dans ces instants. Et comme l'incertitude rend ces moments rares et imprévisibles, la récompense est encore plus puissante. C'est le même mécanisme que les jeux d'argent : tu ne sais pas quand la machine va payer, alors tu continues à jouer (j'ai été croupirère au casino, j'ai vu les gens accros😊)
J'ai longtemps confondu cette intensité : cette montagne russe de chaud/froid, de présence/absence avec de l'amour. Alors qu'en réalité, c'était de l'adrénaline. C'était l'angoisse déguisée en passion. Et puis finalement, s'accrocher aux bons moments, ça fait du bien, on veut garder cette sensation..
Mais là il est peut être temps de se demander :
Est-ce que j'aime vraiment cette personne ? Ou est-ce que j'aime l'idée d'être enfin choisie par elle ?
Les 3 illusions qui nous maintiennent dans le cycle
Voilà trois croyances que j'ai portées longtemps, et qui m'ont coûté beaucoup de temps et d'énergie.
Illusion n°1 : Sans lui, je ne suis pas en sécurité
La sécurité intérieure ne dépend pas d'un partenaire. Elle se construit en soi avec ses amitiés, ses projets, sa connexion à soi-même. Personne ne peut être ton ancre si tu ne l'es pas d'abord pour toi. C'est certainement là que cela va être le plus difficile à construire..
Illusion n°2 : Si je prouve ma valeur, il finira par me choisir
Aucune performance ne comblera un manque affectif qui vient de l'enfance. Quelqu'un qui te convient vraiment, il te choisit sans que tu aies à te battre pour ça. Ce n'est pas ton travail de te rendre "choisissable ".
Illusion n°3 : Si ça fait autant mal, c'est que c'est le grand amour
C'est peut-être la plus traître, parce qu'elle se déguise en profondeur de sentiment. Mais la douleur n'est pas une preuve d'amour. La douleur est une preuve de manque. Ce qu'on prend pour de la passion, c'est souvent de l'angoisse. Un amour qui est bon pour toi ne te consume pas. Il ressemble à de la paix.
La prise de conscience qui change tout
Ce qui a tout changé pour moi, c'est le moment où j'ai posé les lunettes de la petite fille. Où j'ai arrêté de regarder la relation avec ses yeux à elle : ses peurs, ses vieilles stratégies, et où j'ai recommencé à regarder avec mes yeux d'adulte. Ce n'est pas toujours facile à faire, mais c'est extrémement bien d'y arriver, car cela change littéralement la perception de la situation!
Et mes yeux d'adulte voyaient quelque chose de très clair : cet homme hésitait. Il ne me choisissait pas. Et ce n'était pas un défi à relever. C'était une réalité devant moi, qui faisait énormément de mal.
Un partenaire qui hésite n'est pas quelqu'un à convaincre. L'amour qui est bon pour toi, c'est celui où tu te sens choisie sans avoir à le mériter. Sans performance. Sans ce fond d'angoisse permanent.
L'exercice pour commencer à te libérer
Prends une feuille, pas ton téléphone, car le fait de l'écrire vraiment de ta main sur une feuille change tout dans l'émotionnel et la libération et écris ce qui te vient : Ce que je n'ai jamais osé me dire sur cette relation, c'est…
Dix minutes minimum. Sans t'arrêter. La colère, la tristesse, la honte, le soulagement : laisse tout sortir. Ce n'est pas un exercice pour trouver des réponses. C'est pour faire de la place. Libérer tes émotions.
Et si tu veux aller plus loin
L'épisode complet de Happy Bulle va encore plus loin. J'y partage mon vécu avec beaucoup plus de détails, et l'exercice en deux temps complet pour commencer à sortir du cycle.
Parce qu'on mérite toutes un amour qui se pose. Qui choisit. Qui reste. Qui respecte. Et le premier pas pour y arriver, c'est souvent de commencer par se choisir soi-même. ❤️
Prends soin de toi, Stef